Mérules et champignons : explication et protection

Les champignons peuvent être le fléau des domiciles, qu’ils soient particuliers, semi-collectifs ou collectifs. Parmi ces champignons, il en est un, particulièrement redoutable, la mérule, dont tous les noms qui lui sont donnés prouvent à quel point il peut être dangereux : lèpre des maisons, cancer de l’habitation. Plus savamment, son véritable nom d’origine est Serpula Lacrymans, et cette mérule peut même se propager à une vitesse folle lorsque toutes les conditions sont réunies. Il est donc particulièrement important de bien s’imprégner de tous les détails de cet article sur les mérules et champignons et sur leur explication et protection, si vous ne voulez pas vous rendre responsable d’une détérioration pouvant aller jusqu’à la destruction totale d’un bâtiment. Tout comme il est essentiel de bien signaler ce risque à tous les habitants, propriétaires et locataires de la copropriété.

Mérules et champignons : explication et protection

Comment diagnostiquer les mérules

Deux éléments sont le signe du développement de champignons et, plus particulièrement, de mérule dans une habitation. Le premier est visuel et le second lié à l’odeur. Malheureusement, lorsque ces signes sont repérables, c’est que, justement, le développement a déjà eu lieu et qu’il est plus que temps d’agir avant que l’infestation fongique ne prenne des proportions démesurées qui pourraient vite devenir incontrôlables.

➢     Pour le côté visuel, les syrrotes (sortes de filaments) se développent dans un aspect de toile d’araignée grise pour s’imprégner du bois et s’immiscer jusque dans les joints de maçonnerie. Il est courant de constater un développement qui peut aller jusqu’à 12 cm en une seule semaine, ce qui explique les précautions évidentes à prendre.
Sur le bois, lorsqu’il n’est pas traité, on constate très rapidement un effritement et, lorsqu’il est traité, ce sont des boursouflures qui apparaissent.
Malheureusement, le plus souvent, avant de commencer à être apparent, le travail a débuté de façon beaucoup plus insidieuse derrière les plinthes, sous du parquet, derrière du lambris, dont le champignon s’est nourri avant de se révéler au grand jour.

➢     Pour le côté odeur, c’est une vraie odeur caractéristique de champignon qui est remarquée.

 


Les origines de l'apparition de mérules

Pour bien lutter contre un problème, il faut, avant tout, en connaître l’origine. Pour les champignons en général et la mérule en particulier, c’est évidemment l’humidité qui est en cause.

On retrouve donc la naissance de telles présences consécutivement à différents facteurs :

➢     un dégât des eaux ou, pire, une inondation ;

➢     une obturation des ventilations ;

➢     la réalisation d’un enduit étanche empêchant le mur de bien respirer ;

➢     un équilibre de circulation d’air originel de l’habitation modifié ;

➢     un changement dans l’occupation de tout ou partie de l’habitation.

 


Où se développe ce type de problème

C’est donc bien à partir de l’humidité que se crée le problème, mais c’est aussi à partir de cette même humidité enfermée qu’il se développe. Une humidité de 20 à 22 % du bois permettra à ce champignon lignivore de se nourrir et de prendre des proportions dangereuses.

Le problème est aussi qu’il ne se développe pas seulement dans la seule habitation à l’origine du mal, mais se propage facilement dans l’air ou par le biais des insectes, voire même de l’homme. Ainsi, on peut retrouver tout un secteur infesté, une région entière, comme c’est le cas pour les termites. Inutile de préciser, donc, que dans le cas d’appartements mitoyens d’une copropriété, la propagation s’effectuera à grande vitesse.

Un dérivé, la coniophore des caves, est cependant moins virulente, plus naturelle, plus facile à éradiquer, et ne se développe, pour sa part, qu’à un degré d’humidité de l’ordre de 40 %, et n’a pas à être signalée, juste à combattre en réglant ces problèmes d’humidité.

 

Les risques liés au développement de mérules et champignons

Les risques liés à ces champignons sont de plusieurs ordres :

➢     les problèmes liés à la construction : on pourrait croire que tout ce qui est bois sera attaqué, ce qui serait déjà assez conséquent en prenant en compte la pourriture des plinthes, des parquets, du lambris, des poutres, de la charpente, des escaliers ou des ouvertures, y compris des bois traités, à l’exception des bois exotiques qui lui résistent. Mais c’est bien au-delà de ce matériau que va se produire l’attaque puisque seront aussi atteints les joints ciment, les briques ou les fils électriques avec, de plus, un risque de court-circuit sur ces derniers du fait de l’humidité transportée par la mérule ;

➢     les problèmes sur le mobilier : évidemment, votre mobilier bois sera particulièrement visé également. Tables, chaises, armoires, placards, bureaux n’opposeront que peu de résistance.

➢     les problèmes liés à la santé : enfin, un air vicié accompagne souvent le problème et peut avoir un effet néfaste sur la santé. Lorsque le problème est constaté, il faut donc le traiter rapidement et prévoir un éventuel changement d’habitation provisoire, le temps d’éliminer le danger.

 


Les obligations

Ce n’est pas un simple problème qu’il faut régler seul et indépendamment de toute autre action. En effet, la loi Alur a mis en place tout un dispositif afin de faire face au problème de mérule. On pourrait même parler d’un double dispositif puisqu’il existe dans le cas de vente mais aussi en dehors de cette situation. Un dispositif qui s’inspire de ce qui a été mis en place en matière de termites aussi afin d’éviter que des régions entières ne se trouvent infestées. Le contenu de cette disposition est le suivant :

➢     Tour copropriétaire résident ou locataire d’un logement atteint doit prévenir la mairie de cette présence de mérule. Si cette présence se situe dans les parties communes, ce sera au syndicat de copropriété d’effectuer cette déclaration auprès des services de la mairie ;

➢     Après la connaissance d’une commune particulièrement atteinte, voire de plusieurs ou de tout un secteur, un arrêté préfectoral délimitera une zone de risque de mérule, en concertation avec les conseils municipaux concernés ;

➢     Sur ces zones identifiées par l’arrêté préfectoral, en cas de vente d’une habitation ou d’un appartement de copropriété, ce risque doit être signalé lors de la vente et annexé à la promesse de vente s’il y a, ou directement à l’acte de vente.

 

A proscrire pour se protéger des mérules

Vouloir intervenir personnellement est donc à proscrire. Tout d’abord parce que vous ne pouvez essayer d’éliminer le problème sans en avertir les services municipaux, comme vu ci-dessus. Mais surtout parce que vous devez éviter quelques mauvais réflexes qui pourraient avoir l’effet inverse à celui recherché :

➢     un nettoyage à l’eau de javel : l’eau de javel ne tue pas la mérule mais contribue à son développement ;

➢     le grattage de la mérule : essayer de l’éliminer en grattant toute sa toile ne fait que libérer les spores dans l’air ambiant et l’aide à se propager.

 

Le traitement

La toute première chose à effectuer est d’éliminer les causes d’humidité. Il faut donc assécher la pièce où est constatée cette mérule et bien aérer puisqu’elle ne se développe que dans un taux d'humidité du bois autour de 22 % et ne peut survivre plus de 3 semaines, dans le cas contraire. De la même façon, si une fuite d’eau est à l’origine de cette humidité, il faut la faire traiter rapidement.

Ce sera donc au locataire ou au propriétaire d’oeuvrer ou de faire oeuvrer dans ce sens, si le problème survient dans un appartement, et au syndic de le prendre en charge pour les parties communes.

De la même façon, il faudra, ensuite, faire appel à un professionnel pour le traitement à proprement parler pour lequel il existe deux procédés :

 

Traitement chimique
Il faut tout d’abord enlever tout ce qui est atteint, que ce soit en matière de boiseries, de revêtements de sols, de murs, de mobilier, etc., et les brûler. Puis gratter toutes les surfaces mises à nue, maçonneries et autres. Le chalumeau, avec précaution, sera une solution encore meilleure pour faire disparaître le moindre rhizome. Des trous sont ensuite percés dans le mur et dans les bois afin d’injecter un fongicide. Le traitement, bien réalisé, protégera plusieurs années.

 

Traitement par air chaud
Le professionnel va bâcher la pièce infestée (ou les pièces) et la porter à une température de 50° C pendant une durée de 16 heures. Un procédé plus naturel qui a un double impact : tuer la mérule et assécher le lieu. 

 


Conseils annexes

➢     Si le bâtiment a déjà été atteint par la mérule ou s’il se trouve dans une zone à risque, il faut rester particulièrement prudent car le problème peut rester latent, même après un traitement. Il faut conserver un air sain et avec une humidité minimale pour ne pas risquer de la voir renaître.

➢     Vous pouvez vous renseigner auprès de votre assurance mais, à moins que vous n’ayez contracté un article spécial sur le sujet, vous ne serez généralement pas couvert pour ce type de problème et les frais seront à la charge du propriétaire résident ou bailleur pour un appartement, ou de l’ensemble de la copropriété pour les parties communes.

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