Refaire le sol d’une entrée d’immeuble

Outre son aspect peu valorisant, une entrée d’immeuble avec un sol abimé peut être génératrice d’accident et engager la responsabilité du syndicat des copropriétaires. Rénover le sol de l’entrée peut donc être une nécessité. Quel revêtement choisir ?? A quelle occasion procéder à ce remplacement ? Quelle implication cela peut-il avoir ? Quelle décision prendre en AG et Quelles formalités préalables ?

Refaire le sol d’une entrée d’immeuble

Les différentes raisons pour refaire le sol de l’entrée de l’immeuble

L’entrée de l’immeuble appartient aux parties communes. Elle est empruntée par tous les occupants de la copropriété ainsi que par les prestataires extérieurs tels que facteurs, pompiers, services de téléphonie, d’électricité, de gaz etc. Lieu de perpétuel passage, l’entrée doit pouvoir bénéficier d’un sol sûr et en bon état, qui ne s’usera pas facilement. Par ailleurs, l’entrée de l’immeuble est un des éléments les plus visibles de la copropriété et son sol participe à l’image qu’elle renvoie. Il peut ainsi être nécessaire de le rénover pour :

Des questions de sécurité, si le revêtement endommagé compromet la sécurité des personnes en les exposant à des risques de chutes par exemple. En effet dans de telles circonstances, la responsabilité du syndicat des copropriétaires serait totalement engagée. ;

Des considérations esthétiques afin de valoriser au mieux la copropriété en choisissant un revêtement plus fashion ou plus chic ou encore un revêtement robuste qui résistera au temps et au passage ;

Des raisons pratiques, afin de rendre le sol plus simple à entretenir en faisant le choix d’un revêtement lisse facile à nettoyer ;

Améliorer l’isolation thermique dans le cadre de travaux de rénovation énergétique, par exemple à la suite d’une DPE ou d’un audit énergétique ;

Améliorer le confort phonique en remplaçant un revêtement bruyant par un qui absorbe les bruits garantissant ainsi la tranquillité et le calme au sein de la copropriété.


Des diagnostics préalables

Si l’immeuble a été construit avant 1997, un diagnostic amiante avant travaux doit obligatoirement être réalisé. Celui-ci permet non seulement de déceler la présence d’amiante mais aussi de déterminer avec précision les parties qui en contiennent de façon à pouvoir prendre toutes les précautions nécessaires pour que le chantier se déroule en toute sécurité, aussi bien pour les intervenants que pour les occupants de l’immeuble. En effet, les fibres d’amiante étant particulièrement volatiles, elles peuvent se disperser dans l’air à l’occasion des travaux et être inhalées, provoquant alors des maladies graves. Le diagnostic amiante a en principe déjà été réalisé sous la forme d’un DTA (diagnostic Technique Amiante). Ce dernier doit être remis au maître d’œuvre au moins un mois avant le début des travaux afin que les dispositions nécessaires au déroulement du chantier soient prises : confinement de l’amiante ou son retrait.

Pour les immeubles construits avant 1949, il faudra également procéder à un diagnostic plomb avant travaux afin de prévenir le risque d'exposition au plomb qui peut provoquer des maladies graves, notamment chez les enfants et les personnes les plus fragiles.


Quels travaux de rénovation ?

Refaire le revêtement de sol :

Refaire le sol d’une entrée d’immeuble peut consister au simple remplacement de son revêtement, que ce soit pour en poser un neuf de même nature ou changer complètement de matériau : moquette à la place de carrelage pour maximiser le confort, PVC au lieu de moquettes pour un entretien plus facile, etc.

Réaliser un ragréage de sol :

Dans certains cas, le sol sous le revêtement est abimé et nécessite d’être rénové. Un ragréage est alors indiqué. Si le sol ne présente que quelques irrégularités, il sera possible de recourir à un ragréage auto-lissant. Pour les sols plus abimés, il faudra réaliser un ragréage fibré. Après cette étape, la pose du revêtement est alors possible.

Quels critères de choix pour un nouveau sol d’entrée d’immeuble ?

Le sol d’une entrée d’immeuble doit répondre à différents critères en termes :

-  De sécurité, pour éviter chutes et accidents ;

-  De résistance, pour supporter les passages fréquents et répétés mais aussi les produits d’entretien et les lavages répétés ;

-  D’isolation, thermique et/ou phonique pour respecter les normes thermiques comme acoustiques ;

-  D’esthétique et de confort, selon le standing de l’immeuble ;

-  D’entretien, pour en faciliter le nettoyage ;

-  De prix.

Selon les copropriétés et les priorités du syndicat des copropriétaires, le choix pourra s’orienter sue des revêtements de sol de nature différente.


Les différents revêtements

Les revêtements de sol utilisés pour une entrée d’immeuble sont nombreux et présentent des qualités diverses :

-  Sols souples caoutchouc et PVC avec ou sans isolant, avec ou sans sous-couche, avec ou sans traitement de surface spécifiques : leur avantage principal est leur facilité d’entretien, mais aussi la réduction des bruits d’impact. Cependant ils peuvent donner une image un peu moins valorisante de la copropriété ;

-  Le carrelage : son atout est l’esthétique et la facilité d’entretien ; son point faible est le risque de bruits d’impact qu’il peut engendrer si aucune isolation spécifique n’a été prévue ;

-  La moquette : très valorisante pour l’image de la copropriété et très confortable, elle est se révèle plus difficile d’entretien et peut engendrer des risques de chutes si elle est trop épaisse car le pied s’y enfonce et peut se tordre. Par ailleurs elle ne doit pas gêner la progression d’un fauteuil roulant et permettre la circulation aisée des personnes handicapées. Pour ces mêmes raisons, les tapis fixes doivent être encastrés et ne pas posséder de ressaut de plus de 2 cm.

Pour faire le bon choix, il est possible de se référer au classement UPEC qui indique quels risques sont associés à chaque type de sol au moyen d’une lettre représentant le risque et d’un chiffre de 1 à 4 représentant son intensité de façon croissante : U= usure ; P = poinçonnement ; E = eau ; C = chimique.

Quelles normes ?

En matière d’isolation acoustique, les normes à respecter dépendent de l’année de construction du bâtiment. Pour les bâtiments construits entre 1970 et 1996, le revêtement de sol doit permettre de respecter les critères de l’article R. 111-4 du Code de la construction et de l'urbanisme. Pour les immeubles construits après 1996, le niveau d’isolement doit être suffisant pour protéger les logements des bruits issus des parties communes notamment. Dans tous les cas, le niveau d’isolation phonique du nouveau revêtement de sol devra avoir au minimum un même coefficient d’isolation acoustique identique à celui d’origine.

En ce qui concerne l’isolation thermique, les travaux entrepris ne sont pas concernés par la RT 2012 qui ne s’applique que dans le neuf. Toutefois, ils doivent respecter la RT Existant ou RT par élément qui impose des exigences de performance minimale pour tout élément installé ou remplacé.

Quelle décision ?

La décision de la rénovation du sol de l’entrée de l’immeuble en copropriété est prise par l’assemblée générale des copropriétaires. Cette décision nécessite un vote :

-  A la majorité simple de l’article 24 si la rénovation est faite à l’identique et ne constitue pas une amélioration ;

-  A la majorité absolue de l’article 25 si la rénovation du sol de l’entrée constitue est une amélioration ou une modification de l’existant ;

-  A l’unanimité s’il faut modifier le règlement de copropriété, dans le cas où ce dernier interdit le revêtement choisi.

Si le changement du revêtement de sol a un caractère d’urgence, le syndic peut alors prendre la décision de procéder à son remplacement sans attendre le vote de l’assemblée générale. Toutefois il devra la convoquer après-coup pour procéder à la régularisation de ces travaux par un vote.


Quel prix ?

Le prix de la réfection du sol de l’entrée est composé de celui :

-  du confinement ou retrait de l’amiante/du plomb ;

-  du ragréage si nécessaire : 20 euros/m2 pour un ragréage auto-lissant et 40 euros/m2 environ pour une ragréage fibré ;

-  du revêtement lui-même : 30 à 80 euros le m2 pour des carreaux ; 10 à 50 euros/m2 pour du PVC ; 20 à 150 euros/m2 pour de la moquette ; 50 à 150 euros/m2 pour de la pierre ; 50 à 150 euros/m2 pour du béton.

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