Rénovation énergétique : toutes les aides pour financer les travaux de sa copropriété en 2026

PUBLIÉ LE 15 MARS 2023
MODIFIÉ LE 9 JANVIER 2026
Rénovation énergétique : toutes les aides pour financer les travaux de sa copropriété en 2023
Face à la hausse durable des coûts de l'énergie et au durcissement progressif des exigences réglementaires, la rénovation énergétique est devenue un enjeu central pour les copropriétés. Isolation, chauffage, ventilation ou production d'énergie renouvelable : ces travaux représentent un investissement conséquent, souvent difficile à assumer sans accompagnement financier. En 2026, plusieurs dispositifs d'aides publiques et privées permettent toutefois d'alléger significativement la facture. Encore faut-il bien les connaître, comprendre leurs conditions d'éligibilité et savoir comment les mobiliser. Tour d'horizon des aides disponibles pour financer la rénovation énergétique de sa copropriété en 2026.

Pourquoi rénover énergétiquement sa copropriété en 2026 ?

En 2026, la rénovation énergétique n'est plus seulement une option pour les copropriétés : elle devient un levier stratégique pour préserver la valeur du bâti et maîtriser durablement les charges. Dans un contexte de prix de l'énergie toujours instable, un immeuble mal isolé ou équipé de systèmes obsolètes expose les copropriétaires à des dépenses croissantes, difficiles à anticiper d'une année sur l'autre. Engager des travaux permet au contraire de réduire la consommation globale du bâtiment et d'inscrire la copropriété dans une logique de gestion à long terme.
 
Au-delà de l'aspect financier, la réglementation joue un rôle moteur. Le renforcement progressif des obligations liées à la performance énergétique pousse les copropriétés à anticiper plutôt qu'à subir. Le DPE collectif, désormais généralisé, offre une vision claire de l'état énergétique de l'immeuble et sert de base à la définition d'un plan pluriannuel de travaux. Pour les copropriétés les plus énergivores, ne rien faire expose à terme à des contraintes plus fortes, notamment en matière de location des logements ou de revente.
 
La rénovation énergétique est également un enjeu de confort et de qualité de vie. Une meilleure isolation, un système de chauffage plus performant ou une ventilation adaptée améliorent sensiblement le bien-être des occupants, été comme hiver.
Les bénéfices sont concrets :

  • températures plus homogènes,
  • réduction des courants d'air,
  • amélioration de la qualité de l'air intérieur.

Ces éléments, souvent sous-estimés au départ, sont pourtant déterminants dans l'adhésion des copropriétaires au projet.
 
Enfin, engager une rénovation énergétique en 2026, c'est aussi faire le choix de la valorisation patrimoniale. Un immeuble performant sur le plan énergétique se vend mieux et plus facilement, dans un marché immobilier de plus en plus attentif aux étiquettes énergétiques. Même si le coût initial des travaux peut sembler élevé, il s'inscrit généralement dans une logique de retour sur investissement, à condition d'être correctement accompagné et financé. C'est précisément là que les dispositifs d'aides, lorsqu'ils sont disponibles, prennent tout leur sens.

MaPrimeRénov' Copropriété : l'aide phare… mais fragilisée

Depuis plusieurs années, MaPrimeRénov' Copropriété s'est imposée comme le principal levier de financement des rénovations énergétiques globales en immeuble collectif. Porté par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), ce dispositif vise à encourager les copropriétés à engager des travaux ambitieux, avec un objectif clair : améliorer significativement la performance énergétique du bâtiment, et non se limiter à des actions ponctuelles.
 
Concrètement, MaPrimeRénov' Copropriété finance une partie des travaux dès lors qu'ils permettent un gain énergétique d'au moins 35 % à l'échelle de l'immeuble. Isolation thermique (façades, toitures, planchers), remplacement des systèmes de chauffage collectifs, amélioration de la ventilation ou encore installation d'équipements utilisant des énergies renouvelables font partie des opérations généralement éligibles. L'aide est versée directement à la copropriété, ce qui permet de réduire le reste à charge pour l'ensemble des copropriétaires.
 
Le montant de l'aide dépend de plusieurs critères, notamment du niveau de performance atteint après travaux et du profil de la copropriété. Des bonus peuvent venir renforcer le dispositif, par exemple en cas de sortie de passoire énergétique ou d'atteinte du niveau " bâtiment basse consommation ". À cela peuvent s'ajouter des aides individuelles pour les copropriétaires aux revenus modestes, ce qui rend le mécanisme particulièrement structurant pour les projets d'ampleur.
 
Toutefois, l'année 2026 marque une rupture importante. En raison des crises politiques successives et de l'absence de vote du budget, le dispositif MaPrimeRénov' a fait l'objet d'une suspension temporaire du dépôt de nouveaux dossiers. Cette situation, inédite à cette échelle, rappelle que ce pilier de la rénovation énergétique reste étroitement dépendant des arbitrages budgétaires de l'État et, plus largement, de la stabilité institutionnelle du pays. Les copropriétés ayant déposé un dossier complet avant la suspension conservent en principe le bénéfice des aides accordées, mais les nouveaux projets se retrouvent, eux, dans une phase d'attente.

Cette fragilité du dispositif impose une vigilance accrue aux syndicats de copropriétaires et aux syndics. MaPrimeRénov' demeure une référence incontournable dès lors qu'elle est opérationnelle, mais elle ne peut plus être considérée comme une ressource garantie et permanente. En 2026, tout projet de rénovation énergétique doit donc être pensé avec une approche prudente, en intégrant des solutions de financement alternatives et en anticipant les aléas liés au calendrier politique et budgétaire.

Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) comme alternative

Dans un contexte où certaines aides publiques peuvent être suspendues ou évoluer rapidement, les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) constituent un dispositif plus stable pour les copropriétés. Moins visibles que MaPrimeRénov', ils jouent pourtant un rôle clé dans le financement des travaux de rénovation énergétique, en particulier lorsque les projets doivent avancer malgré un climat budgétaire incertain.
 
Le fonctionnement des CEE repose sur une obligation réglementaire imposée aux fournisseurs d'énergie. Ces derniers doivent financer des actions permettant de réduire la consommation énergétique globale. En contrepartie, ils versent des primes CEE aux bénéficiaires des travaux, dont les copropriétés.

Des travaux largement éligibles en copropriété

Les CEE peuvent concerner un large panel d'interventions, notamment :

  • l'isolation thermique des murs, toitures et planchers bas ;
  • le remplacement d'un système de chauffage collectif par un équipement plus performant ;
  • l'amélioration de la ventilation pour limiter les déperditions et améliorer la qualité de l'air intérieur.

 
Contrairement à d'autres dispositifs, les CEE peuvent s'appliquer à des travaux ciblés, sans obligation systématique de rénovation globale. Cela les rend particulièrement intéressants pour les copropriétés qui avancent par étapes ou qui ne sont pas encore prêtes à engager un programme complet.

Un complément financier souvent déterminant

L'un des principaux atouts des CEE réside dans leur capacité à réduire significativement le reste à charge. Lorsque MaPrimeRénov' Copropriété est opérationnelle, les CEE viennent généralement en complément. En 2026, leur importance est renforcée par l'incertitude entourant les aides budgétaires de l'État.
 
Le montant de la prime dépend de plusieurs paramètres :

  • nature des travaux,
  • surface traitée,
  • performance atteinte.

Il n'existe donc pas de barème unique, ce qui implique une analyse précise en amont pour estimer l'aide mobilisable.

Des points de vigilance à ne pas négliger

Si les CEE représentent une opportunité réelle, ils nécessitent une certaine prudence. Les offres proposées par les fournisseurs ou leurs partenaires peuvent varier fortement, tant sur les montants que sur les engagements contractuels.
Il est essentiel que la copropriété :

  • valide l'éligibilité des travaux avant leur démarrage ;
  • sécurise le montant de la prime par écrit ;
  • s'assure du respect des fiches d'opérations standardisées.

 
Dans ce cadre, l'accompagnement par un syndic expérimenté ou un assistant à maîtrise d'ouvrage (AMO) permet souvent d'éviter les erreurs et d'optimiser le montage financier du projet.

Autres aides publiques mobilisables

En complément de MaPrimeRénov' et des Certificats d'Économies d'Énergie, d'autres aides publiques peuvent être mobilisées pour financer la rénovation énergétique d'une copropriété. Souvent moins connues, ces aides jouent pourtant un rôle non négligeable, en particulier lorsque les dispositifs nationaux sont suspendus ou insuffisants pour couvrir le coût global des travaux.

Les aides des collectivités territoriales

Les collectivités locales : régions, départements, métropoles ou intercommunalités, proposent régulièrement des dispositifs spécifiques pour encourager la rénovation énergétique du parc immobilier.
Ces aides prennent des formes variées :

  • subventions directes,
  • primes forfaitaires,
  • exonération de taxes,
  • accompagnement technique.

 
Leur intérêt réside dans leur ancrage territorial. Elles sont souvent adaptées aux enjeux locaux (climat, typologie du bâti, zones tendues) et peuvent cibler certaines catégories de copropriétés, comme les immeubles anciens ou les résidences principales. En revanche, leurs conditions d'accès, leurs montants et leur durée sont très variables, ce qui impose une veille attentive de la part du syndic ou du conseil syndical.

Les dispositifs de l'Anah hors MaPrimeRénov'

L'Agence nationale de l'habitat peut proposer d'autres formes d'accompagnement, notamment dans le cadre de programmes territorialisés ou d'opérations programmées d'amélioration de l'habitat (OPAH). Ces dispositifs visent souvent les copropriétés fragiles ou en difficulté financière.
Dans ce cadre, l'aide ne se limite pas uniquement au financement des travaux. Elle peut aussi porter sur l'ingénierie du projet, l'accompagnement administratif ou la coordination des acteurs. Pour certaines copropriétés, cet appui méthodologique est aussi déterminant que l'aide financière elle-même.

Financer le reste à charge

Même en mobilisant l'ensemble des aides disponibles, une rénovation énergétique génère presque toujours un reste à charge. La question de son financement est donc centrale pour la réussite du projet, car elle conditionne à la fois le vote en assemblée générale et l'adhésion durable des copropriétaires.

L'éco-prêt à taux zéro collectif : un outil structurant

L'éco-PTZ collectif permet à une copropriété de financer des travaux de rénovation énergétique sans intérêts. Contracté par le syndicat des copropriétaires, il est ensuite réparti entre les copropriétaires volontaires, chacun remboursant sa quote-part.
Ce dispositif évite aux copropriétaires de mobiliser une épargne importante dès le lancement du chantier. Il est particulièrement adapté aux projets de rénovation globale, notamment lorsque les aides publiques ne couvrent qu'une partie des coûts.

Les prêts bancaires collectifs et individuels

En complément ou en alternative à l'éco-PTZ, les copropriétés peuvent recourir à des prêts collectifs bancaires. Ces financements sont souscrits au nom de la copropriété et permettent d'étaler la charge financière dans le temps, tout en sécurisant la trésorerie nécessaire au bon déroulement des travaux.
 
Parallèlement, certains copropriétaires peuvent préférer financer leur part via un prêt individuel, notamment lorsqu'ils souhaitent des modalités de remboursement personnalisées. Cette souplesse permet d'adapter le financement aux situations financières très diverses que l'on retrouve au sein d'une même copropriété.


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